En longeant le Tarn, rive droite ...
Février 2011
Flânons un peu sur la rive droite du Tarn avec un petit arrêt tout d'abord au pied d'un pont en briques,nouvellement rebaptisé: Pont de l' Avenir .
Ce pont, le plus à l'ouest, est le 5 ème permettant aux Montalbanais de franchir le Tarn en voiture.
Son histoire est un peu particulière.Il a été construit,en effet, au milieu du XIX siècle non pour les voitures mais pour les trains. C'était le premier ouvrage d'art de la voie Montauban- Lexos destinée initialement à évacuer sur 167 km la production minière du bassin d'Aubin près de Decazeville. L'opération n'étant plus assez rentable la ligne a été déclassée en 1957 et depuis le pont était à l'abandon et utilisé seulement par les piétons et les 2 roues.
Racheté par la mairie sa rénovation a commencé en 2007 . Il est maintenant ouvert depuis 2 ans à la circulation automobile permettant ainsi la jonction plus rapide du Nord de la ville au Sud , allégeant aussi l'affluence dans le centre tout en délestant le Pont Vieux.

Poursuivons notre promenade. Au loin, une silhouette rose se détache maintenant, sous l' arche d'un vrai pont ferroviaire cette fois-ci...
Approchons. Ce bâtiment élégant est un moulin installé sur la rive gauche du Tarn, côté Villebourbon. C'est celui de la Palisse.
Cet édifice édifié en 1764 et d'une grande ampleur a compté jusqu'à 17 paires de meules en faisant un des moulins les plus importants de la région. Comme la plupart des moulins montalbanais, il était consacré à la production de minot, fine farine conditionnée en barils qui a fait la renommé de la ville.Passée l'époque des minoteries il a abrité une entreprise de cardage où travaillaient une centaine de femmes et à partir de 1929 une fabrique de pains de glace.
Aujourd'hui, il abrite un entrepôt frigorifique, dont la production d'électricité est assurée par l'ancienne chute d'eau du moulin. 
Quelques pas plus loin, en face de lui, un autre moulin plus petit ,celui des Albarèdes, autrefois tout aussi imposant que son voisin.
Pourquoi tous ces moulins?
Montauban, crée sur le Tarn, a su de tout temps en tirer profit et en particuliers de sa force hydraulique. Au départ ce sont des moulins flottants qui ont été bâtis mais le Tarn pouvant avoir des crues dévastatrices ces moulins- là ont été abandonnés et remplacés par des moulins construits sur la terre ferme. En 1800 on en comptait 17 dans la ville. Cent ans plus tard il n'en restait plus que 7, dont ces 2 là.
Ils étaient utilisés bien sûr pour moudre le blé mais aussi pour l'industrie textile très importante et florissante jusqu'à la fin du XVIIIème siècle.
Ils appartenaient à des particuliers ( Mr Mariette pour celui de la Palisse) ou à un groupement de personnes qui en partageaient les recettes mais aussi l'entretien. Jusqu'en 1925 celui des Albarèdes appartenait à la Compagnie des 3 Moulins avec celui de Sapiac et celui de Sapiacou (en partie incendié récemment) plus en amont de la rivière.Grandement endommagé par la terrible crue de 1930, il est repris par EDF qui le transforme vers 1960 en centrale électrique. De l'ancien moulin de 1467 ne subsiste que la base rectangulaire.
On peut voir la "chaussée" qui est une élévation de terre servant à diriger l'eau vers les moulins et à accélérer ainsi son débit.

Quelques cartes postales anciennes montrent l'importance de ces 2 moulins il y a encore un siècle.
La balade se poursuit le long du méandre du Tarn donnant la curieuse impression que le centre ville se trouve sur la rive opposée alors qu'il n'en est rien...
L' Eglise Saint Jacques, la Cathédrale Notre Dame, le Musée Ingres et plus loin la Chapelle de l'Immaculée Conception se retrouvent sagement alignés comme par magie.





